vendredi, 24 novembre 2006

Vivre avec ce qu'on a

medium_botero.jpg Hier, je suis allée voir la couturière pour ma robe de mariée, et comme je le redoutais, plus l'heure approchait, ça a été beaucoup plus douloureux qu'excitant :-( Pourquoi ? Parce que durant ma dépression l'année dernière, j'ai été plutôt à tendance boulimique, je voulais presque manger à faire exploser mon corps, comme la grenouille chez La Fontaine. Je savais que ça ne m'arriverait pas, mais j'avais besoin de me détruire en détruisant le corps que j'avais réussi à obtenir après de longs sacrifices, il y 3 ou 4 ans maintenant. Mais plus je mangeais, plus je me détestais, plus je détestais mon corps... jusqu'à vouloir le taillader à coups de couteau.
Il y avait aussi dans cette boulimie, une réaction typique d'adolescente : mes parents m'ont toujours voulu mince (je sais qu'on veut ce qu'il y a de mieux pour ses enfants), et continuer de grossir, c'était une manière puérile de leur dire : je suis grosse, et alors ?

J'ai fini par remonter la pente, mais uniquement en faisant un déni total de mon corps. Certes, je me voyais de temps en temps dans la glace de notre chambre, mais je ne faisais pas attention au bibendum que je voyais. J'avais trop de problèmes à résoudre pour pouvoir m'accepter physiquement. Cela m'a donc permis de vivre, de revivre, d'être heureuse. Car oui, malgré ce corps affreux, je suis très heureuse, et je savoure ce bonheur chèrement acquis.

Mais hier, le retour à la réalité a été beaucoup trop brutal. Forcément, à force de nier une évidence, cela ne pouvait que me revenir en pleine poire. Mon surpoids, hormis deux années dans ma vie, j'en ai toujours plus ou moins souffert. J'en ai souffert enfant, car les réflexions des parents étaient dures à supporter, tout comme mon premier régime a été horrible. Mais je n'avais pas encore conscience du "poids" psychologique que cela aurait plus tard. Au début de l'adolescence, je n'y faisais pas encore trop attention, j'avais trop de choses à gérer, il fallait déjà que je m'accepte comme originale (m'enfin, un peu), et c'était pas gagné. Ce n'est qu'au moment où j'ai commencé à réellement regarder les garçons, où j'ai eu envie de sortir avec eux, càd en Troisième ou Seconde je crois, que là, mon corps, mon ventre me sont apparus dans toute leur horreur. Comment arriver à sortir avec un garçon alors que je ne correspondait pas à ce que les magazines féminins nous vendaient, comment faire avec ce ventre qui m'empêchait de m'habiller correctement ? Certes, à force de faire les magasins avec maman, j'avais bien compris que j'avais un atout majeur (ma poitrine), j'en jouais, mais uniquement parce que je pensais que c'était le seul moyen d'être regardé. Je n'avais pas encore quitté mon cocon, je ne m'acceptais pas suffisamment.

J'ai de nombreux défauts, je n'arrive pas à tous les gommer, mais ce p.... de ventre est bien le seul défaut avec lequel je n'ai jamais réussi à vivre. J'ai de plus en plus l'impression d'être enceinte en permanence, et le fait d'être petite n'arrange rien, je fais encore plus boudin. Je sais très bien que dans la famille, on a tous naturellement une tendance à l'embonpoint, mais pourquoi est-ce si difficile à perdre ? Pourquoi n'ai-je pas encore la même volonté qu'il y 4 ans, quand j'avais réussi à tout perdre ? Pourquoi ce ventre me nargue-t-il ? J'en ai marre d'être contrainte à faire attention toute ma vie, j'en ai marre de ce corps qui ne cesse de grossir... J'ai réussi à arrêter mes grignotages, c'est une petite victoire, mais comme les alcooliques, je sais pertinemment que je rechuterai un jour... Je reprends doucement le sport, mais manque de pot, le vélo n'est pas réputé pour faire un ventre plat.

J'espère que l'électrochoc subi hier, lorsque j'ai vu un boudin dans un patron de robe, me permettra de perdre cette graisse qui me pèse tant, et que les RV réguliers avec la couturière me motiveront suffisamment pour perdre... Mais comme toujours, les kilos perdus seront temporaires, rapidement, je les reprendrai, pour revenir au boudin que tout le monde connait, lui :
medium_Monsieur_glouton.jpgmême les personnages de notre enfance sont là pour nous dire : attention les enfants, ne mangez pas trop !

Comment faire lorsqu'on est addictif à la nourriture, qu'on a presque viscéralement besoin de grignoter en cachette ? La nourriture, on ne peut pas vivre sans, alors que l'alcool ou les clopes, c'est faisable ! Comment quitter cette addiction néfaste ? Je sais pas trop... Mais j'en ai marre, ça fait trop longtemps que je vis avec un tel corps... J'ai parfois envie de te découper, de te faire disparaitre, mais non, c'est impossible, la graisse reviendrait insidieusement... Le pire, c'est qu'étant petite, je ne peux pas te cacher, toi mon insupportable ventre. Tu es le symbole de ma gloutonnerie, de ma vie ratée, et je n'ai aucun moyen de te faire disparaitre. Je ne suis pas assez grande pour paraitre plus élancée, alors j'apparais souvent comme la bonne fille, bien gentille... Mais bon sang, pourquoi suis-je si grosse ? Pourquoi est-ce que je n'arrive pas/plus à mincir. Non, je ne veux pas ressembler à Reese Wisterpoon ni à Eva Longoria (Gabrielle Solis), deux actrices qui font 1.57m, mais qui n'ont pas de formes. J'aime mes formes, mais quand elles sont en quantités limités ! Mais pas un bide qui dépasse, qui me donne régulièrement l'impression d'avoir un bébé. J'ai tout fait (ou presque) pour perdre ce ventre, mais je ne sais pas si j'aurais la force de mincir à nouveau, car je sais au fond de moi que ça ne durera pas. Je pense que c'est cette certitude qui m'ôte la force de le faire. Mais bon, au fond de moi, j'ai tellement envie d'être belle dans ma robe, que j'essaierai encore une fois, de faire attention.
Je sais très bien que tout le monde me trouve trop grosse, alors peut-être que mon orgueil me poussera à mincir pour prouver que oui, je peux arriver à être "normale". Je compte sur toi, mon orgueil, mon égocentrisme, pour m'aider à perdre les conséquences de ma boulimie de l'année dernière...

Commentaires

que ton article est difficile a lire...
J'ai l'impression de m'entendre...
La seule façon pour que tu te sentes bien serait de t'accepter tout simplement , mais je suis bien placée pour savoir que l'on ne peut pas accepter un corps que l'on deteste.
Je pourrais te dire que tu es magnifique et que tout cela est faux , mais tu ne me croirais pas , car ce que tu as ecrit , c'est ce que tu penses "de l'interieur"
Je ferais n'importe quoi pour pouvoir t'aider
De toute façon tu seras une mariée magnifique , j'en suis certaine ^_^

Ecrit par : Etincelle | vendredi, 24 novembre 2006

mon dieu..
je deteste lire ce genre de post...

je voudrai juste te dire que meme si tu ne me connais pas :-)
je te soutiens du plus profond de mon coeur .

on est quelqu'uns /unes a etre passé par la , et pour la majorité d'entre nous a encore y etre... je pense que ton futur mari peut t'aider a te supporter..
s'accepter tu ne pourras surement pas .. et je ne te le souhaite pas..

reprend confiance en toi :-) et puis comme la miss d'avant je suis sur que tu seras splendide en mariée :-)

Ecrit par : sans cervelle | samedi, 25 novembre 2006

mon futur m'aide beaucoup, puisque les moments où je me déteste autant sont moins fréquents... mais je suis loin d'avoir le même avis que lui...
En ce qui concerne la robe de marié, c'est à voir, je suis de plus en plus dubitative...

Ecrit par : chacha | dimanche, 26 novembre 2006

je passe par là, histoire de dire un petit coucou (c'est HHH!)
alors comme ça j'ai de l'embonpoint... :)
blague et connerie à part, tu le dis toi même et je te le redis, le moral, l'intellect passe d'abord avec le physique!! tu n'avais aucune chance de perdre du point tant que tu n'avais pas résolu tout tes problèmes!!
maintenant, je pense que le schmilblik peut se mettre en place, même si faut pas se leurer, c'est loin d'être facile!!

Ecrit par : raoul le grand | dimanche, 26 novembre 2006

Charlotte,
tu es belle parce que tu as les deux plus belles choses du monde:
un rire à faire fondre et un coeur gros comme ça

Ecrit par : dad | jeudi, 30 novembre 2006

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