mardi, 03 octobre 2006
Mécènes & peintres, des rapports étroits
Etant donné que je n'ai pas grand chose à faire de mes journées, j'ai décidé de ne pas perdre ce temps, et d'améliorer mes connaissances historiques... Je suis en train de lire un livre très dense, "Mécènes & peintres, l'art et la société au temps du baroque italien" (Francis Haskell), très instructif, et qui ne nous sort pas des théories ubuesques sur l'analyse d'un tableau !!!
Je n'en suis qu'au début, mais je pense que j'en ferai un résumé, ça me permet de mieux assimiler ce que j'ai lu dans la journée !
A Rome, les particularismes régionaux étaient encore très fort au XVIIème: on était d'abord Florentin avant d'être éventuellement Romain. Ce "chauvinisme" a une conséquence forte sur l'art romain, car les papes élus tendaient alors à favoriser les peintres originaires de leur ville natale. La carrière d'un peintre commençait donc dans l'entourage d'un haut dignitaire ecclésiastique originaire de sa région, qui lui présentait ensuite d'autres commenditaires. Ce n'est qu'après certains succès que le peintre pouvait quitter son mécène. L'attachement à un particulier pouvait être néfaste à l'artiste, car la disgrace de son mécène pouvait entrainer la sienne... Mais la plupart des peintres étaient indépendants, et réalisaient des tableaux selon les commandes des aristocrates.
La nouveauté qu'apporte Urbain VIII n'est pas révolutionnaire, il est le premier à avoir poussé le népotisme à un haut degré, puisqu'il nomme de très nombreux membres de sa famille à des postes-clés du Vatican, assurant par là la main-mise des Florentins sur l'art du XVIIème siècle. Il est aussi un très grand mécène, s'attachant très tôt le Bernin, lui commandant de nombreuses oeuvres pour Saint-Pierre. Il est un tel batisseur, qu'une maxime le caractérise assez vite : "ce que n'ont pas fait les barbares, les Barberini l'ont fait" !!!
Nous apprenons aussi dans ce livre l'importance du contrat entre un prince & son peintre, et l'évolution du statut social du peintre. Le génie créateur qui caractérisait Michel-Ange & Raphaël n'est plus utilisé pour les artistes (ceux-ci ne sont plus considérés comme des artistes) pour plusieurs raisons : l'art n'est plus analysé comme au temps de Laurent le Magnifique (où le néo-platonisme élevait la création artistique à un très haut niveau intellectuel), mais l'artiste qui réussit appartient plus facilement à l'intelligentsia, par ses connaissances littéraires ou sa manière de vivre. Le rôle de l'argent est prédominant dans l'évolution du statut de l'artiste, puisqu'il permet de s'offrir le même luxe que les aristocrates.
La reconnaissance de l'artiste comme une personne supérieure est visible dans les autoportraits (où les peintres n'hésitent plus à faire disparaitre leurs attributs, et à s'habiller comme leurs clients), et dans l'éducation (les parents ne s'opposent plus à leurs enfants qui souhaitent devenir peintre)...
A SUIVRE !!!
17:10 Publié dans La minute culturelle ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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